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Se dire les choses en chantant, c’est parfois plus simple qu’en parlant. Sans doute parce que les cris deviennent des intonations et font partie de la poésie du texte…

Je ne résiste pas à la tentation de partager avec vous ce grand moment d’humour et de tendresse que je viens de découvrir sur Youtube et qui semble avoir un fameux succès au moins au Québec.

Bien évidemment, si vous vous trouvez dans cette situation, je n’ai qu’une recommandation à vous faire: ma consoeur Catherine Lemoine et moi-même serions enchanté de vous entendre chanter chez interactes, pour vous aider à accorder à nouveau vos violons…

Qui refuse de communiquer ?Lorsque nous nous trouvons confrontés à une personne avec laquelle nous avons tendance à entrer en conflit, un réflexe de base est d’essayer « de ne pas envenimer la situation ».

Pour y arriver, nous déployons de multiples stratégies, plus ingénieuses les unes que les autres. L’une d’entre elle va retenir mon attention aujourd’hui.

Scénario: Monsieur rentre du travail. Madame, qui est rentrée une demi-heure plus tôt, pour s’occuper des enfants, est en pleine discussion avec votre fils, à propos d’une punition qu’il a reçu à l’école.

Vous vous rendez compte que votre épouse a décidé d’ajouter une punition supplémentaire à la maison, ce avec quoi vous n’êtes pas d’accord. Mais vous avez suffisamment d’expérience de ce genre de situations que pour vous dire « N’essaye pas d’intervenir maintenant, cela ne va que mettre de l’huile sur le feu ». Vous choisissez donc de vous taire.

Vingt minutes plus tard, vous êtes dans la cuisine avec votre épouse (ne faisons pas de sexisme, c’est VOUS qui avez commencé à préparer le diner pour ne pas affronter la discussion). Mais vous vous rendez compte que vous êtes maintenant en pleine bagarre avec madame. Pourtant, vous vous étiez bien juré de vous taire pour ne pas vous disputer… Que s’est-il donc passé ?

Cette situation illustre un principe que les spécialistes de la communication connaissent sous le nom de « Premier axiome de la communication pragmatique » et qui s’énonce simplement: Il est impossible de ne pas communiquer.

Trop souvent, nous pensons que communiquer c’est parler. Mais dès lors que deux personnes sont amenées à se trouver ensemble au même endroit et au même moment, il leur est impossible de ne pas communiquer. Si l’on essaye de ne pas le faire, l’observation nous montre que l’un des phénomènes suivant va se produire:

  • Nous allons sortir du lieu ou la communication aurait été impossible, nous nions la communication en créant les conditions pour que celle-ci ne soit pas possible. Mais en faisant cela, nous communiquons à l’autre un message: « je  ne veux pas communiquer avec toi », qui est en soi une forme de communication… et qui pourrait très bien entraîner l’autre à nous poursuivre dans notre fuite et donc à maintenir la communication !
  • Nous allons essayer d’en dire le moins possible, de communiquer au minimum, par monosyllabes, en donnant des réponses dont nous espérons qu’elle permettront à l’autre d’être satisfait, tout en ne répondant pas à sa demande de communication. Le risque, c’est de créer de la frustration chez l’autre, et donc de relancer le processus de communication…
  • Nous allons tenter de « changer de sujet », ce qui est une variante de la solution précédente, dans laquelle nous choisissons de… communiquer sur autre chose. Et donc de communiquer avec l’autre. Lequel pourra accepter le changement de thème (ce qui correspond à nous dire « ce qui est important pour moi, c’est de communiquer avec toi, quel que soit le sujet ») soit il ne l’acceptera pas et nous relancera (ce qui correspond à nous dire « ce qui est important pour moi, c’est de parler de cette chose précise, même si cela t’es désagréable »)…
  • Une dernière solution s’offre à nous. Nous pouvons nous sentir physiquement mal d’être amené à communiquer. Parfois, nous développons des symptômes de malaise physique, maux de tête, voire problèmes digestifs, noeuds à l’estomac, etc… Avec bien entendu le risque de voir l’autre s’inquiéter de notre état, en rechercher la cause – que nous nierons farouchement – et relancer la discussion à l’infini.

Finalement, si il est possible de décider de ne pas parler d’un contenu précis (on peut dire à l’autre: « Je préfère ne pas parler de ce sujet pour le moment, et si tu insistes pour que nous le fassions, je réagirai de telle ou telle manière »), il n’est pas possible d’éviter la discussion sur la signification pour la relation avec l’autre de la discussion elle-même (qui revient à dire « je ne suis pas intéressé par maintenir une relation avec toi »).

Le refus de communiquer est à la base d’un nombre non-négligeable de difficultés personnelles, et les thérapies stratégiques, telles que nous les développons chez interactes, peuvent aider à dénouer les situations paradoxales engendrées par des tentatives répétées de ne pas communiquer. De même en médiation, il n’est pas toujours facile de se lancer dans un dialogue avec l’autre. Parfois parce que le sujet est difficile, mais encore plus souvent parce que dialoguer avec l’autre, c’est lui redonner une légitimité qu’il a peut-être perdu à nos yeux. C’est tout le travail du thérapeute ou du médiateur de redonner à chacun sa place dans la communication.

La catastrophe qui frappe Haïti est énorme. Ne restons pas indifférents au drame des populations locales et agissons comme nous le pouvons, par exemple en faisant un don au groupement d’ONG qui s’est constitué en Belgique sous le label 1212LAVI

Aujourd’hui à 10h00, je vous invite à vous brancher sur « Classic21″ ou interactes vous offre le programme musical de l’émission « Men at Work« .

Nous aurons l’occasion d’y présenter brièvement nos activités, mais surtout, vous pourrez découvrir un programme musical musclé, composé « pour se faire plaisir ».

Pour écouter l’émission « online », cliquez ici…

Le Carrefour de la Médiation, c’est une initiative de quelques médiateurs pionniers, notamment du Barreau de Bruxelles, pour favoriser les liens entre professionnels sensibilisés à la médiation.

Pendant plusieurs années, des séances plénières ont été organisées en divers endroits, sur des thèmes précis. Au cours de ces rencontres, des liens se sont noués du côté des médiateurs et des non médiateurs.

Une nouvelle formule était cependant nécessaire pour relancer les opportunités de rencontre. C’est ainsi que le groupe de coordination du carrefour a décidé de proposer « les mardis de la médiation ». Tous les second mardi du mois, une réunion informelle est organisée, toujours au même endroit et à la même heure: le bar-restaurant « The Lodge », rue des pêcheries 2 à Boitsfort, à 18h00. La première partie de la soirée est consacrée à une « intervision » ou une simple « rencontre » entre collègues, et ceux qui le désirent peuvent, vers 19h30/20h00 partager un repas convivial à prix raisonnable.

Après quelques « numéros zéro » destinés à tester la formule, la première rencontre « officielle » s’est tenue mardi dernier. Nous étions une grosse dizaine au total de la soirée. Venus d’horizons « médiateurs » très différents: experts, médiateurs familiaux, civils, sociétaux, commerciaux, sociaux, psy, avocats,… avec en conclusion la volonté de continuer et de se retrouver le 9 février 2010.

Si vous vous intéressez à la médiation, c’est le moment de bloquer votre agenda pour cette prochaine rencontre, dont je vous reparlerai en temps opportun.

interactes

Au cours de l’année 2009, les deux sites internet d’interactes ont reçu au total près de 50.000 visites. Et vous êtes des milliers à revenir régulièrement visiter aussi bien ce blog que notre site principal.

C’est pourquoi il me semblait important, en ce premier jour d’une nouvelle année de vous remercier et de vous parler de vous.

Parmi ces milliers de visiteurs, il en est quelques centaines que je voudrais remercier particulièrement: ce sont toutes les personnes qui ont fait confiance à Interactes pour les aider à résoudre l’un ou l’autre problème.

Je crois qu’il y a peu de gens qui s’adressent de gaieté de cœur à une organisation comme la nôtre. Il faut une fameuse dose de courage pour admettre que tout ce que l’on a essayé jusqu’ici pour résoudre un problème n’a pas abouti ! Ou pour accepter l’inéluctable d’une rupture et s’engager dans la recherche d’une solution à un conflit sans nuire à celle ou celui qui, à nos yeux, en est la cause.

A quoi avons-nous surtout travaillé en 2009 chez Interactes ?

En thérapie, nous avons rencontré de nombreux couples, que Catherine Lemoine et moi-même avons accompagné (et continuons à accompagner) sur leur chemin pour retrouver une harmonie émotionnelle, sentimentale ou sexuelle. Je trouve particulièrement émouvant de pouvoir cheminer ainsi auprès de ceux qui se disent que si « ça ne marche plus » entre eux, ce n’est pas nécessairement la faute de l’un ou l’autre, mais bien celle de ce troisième élément un peu magique, créé à l’intérieur de l’esprit de chacun: le couple.

Nous avons aussi croisé et accompagné des personnes à qui une solitude volontaire ou non est imposée, et qui cherchent à donner un sens à leur vie dans des circonstances parfois difficiles. D’autres qui ont tant de mal à affronter le regard des autres. Certains se trouvent trop jaloux, d’autres sont effrayé(e)s à l’idée d’être confronté(e)s à certaines situations.

En faisant le bilan de cette dernière année, nous pouvons dire que les thérapies brèves aident vraiment efficacement dans la recherche d’une solution concrète à un problème vraiment douloureux. Nous pouvons aussi dire que le facteur le plus important de réussite d’une thérapie, c’est la volonté du client de s’investir dans la recherche de la solution en effectuant les tâches qui lui sont demandées.

A côté des thérapies, le nombre des médiations s’est lui aussi accru. La nouvelle loi sur le divorce rend sans doute encore plus qu’avant nécessaire le dialogue et la communication entre parents. Comme le juge ne peut plus exiger un accord pour prononcer un divorce, la médiation permet de définir des solutions pratiques à tous les aspects de la nouvelle vie qui va s’imposer aux anciens époux.

La nouvelle loi permet aussi de régulariser simplement des situations de séparation établies de longue date. Avec ses procédures accélérées, il devient maintenant possible de donner une sécurité juridique à une séparation « qui fonctionne » pour s’assurer qu’il fonctionnera encore longtemps. Dans ce domaine, nous avons innové chez interactes en proposant des formules à prix « forfaitaire » qui permettent aux anciens époux de concrétiser dans des accords juridiquement  corrects la situation qu’ils pratiquent depuis parfois longtemps, et cela à une fraction du prix payé autrefois pour un divorce. Nous avons ainsi lancé des forfaits à partir de 350,00 euros pour la préparation d’accords préalables à un divorce par consentement mutuel.

Toujours dans un souci de trouver des solutions simples, efficaces et économiques aux problèmes que rencontrent nos clients, nous mettons sur pied dès ce mois de janvier deux groupes de parole entièrement gratuits. Le premier permettra aux parents qui assument un hébergement partagé de venir parler de leurs difficultés et de trouver du soutien auprès d’autres personnes confrontées à des problèmes similaires. Ce premier groupe démarre dès mardi 5 janvier à 18h15. Il reste encore des places disponibles et l’inscription se fait conformément aux instructions que l’on trouve sur le site internet.

L’autre groupe de parole s’adresse aux personnes qui vivent au quotidien avec une personne dépendante (à l’alcool, aux drogues, au jeu, au travail, à internet…) Ces mécanismes de « co-dépendance » les épuisent et ici aussi un partage commun pourra souvent aider à passer les caps les plus difficiles. Ce groupe de parole commencera le 29 janvier à 18h00. Il y reste également des places disponibles et l’inscription se fait également selon le processus décrit sur le site internet.

Voilà pour ce bilan d’une année riche en événement et pour les premières nouvelles d’une autre année qui s’annonce passionnante, grâce à vous ! De la part de Catherine Lemoine et de moi-même, je vous présente mes voeux les meilleurs pour 2010 !

Après les examens de Noël, un premier bilanLes étudiants du secondaire ont terminé leur premier trimestre de cours, avec à la clé les résultats, parfois heureux, parfois moins d’une première session d’examen. Les étudiants du cycle supérieur sont confrontés à la première session de l’année. Celle qui suit parfois une période d’adaptation difficile à de nouveaux modes d’apprentissages.

Ce temps des premiers bilans pour les uns, et des premières angoisses pour les autres, peut devenir un temps de lutte et de cauchemar, ou un temps de réflexion et de prise en charge.

Comment réagir en tant que parent face à la déception de résultats insatisfaisants ? Comment trouver un nouveau rythme de travail et profiter des leçons du premier trimestre pour réussir la fin de l’année ? Faut-il se réorienter ? Comment traiter la révolte d’adolescents face à leurs « devoirs » ?

Une première remarque importante est de bien identifier qui est demandeur de quoi: nous rencontrons chez interactes des parents qui ont des attentes qui ne rejoignent absolument pas celles de leurs enfants. C’est un premier point qui doit absolument être traité: il faut au moins que l’adolescent comprenne ce que sont les attentes de ses parents, qu’il puisse exprimer les siennes et qu’un consensus se dégage sur les objectifs à atteindre. Pour faire cela, il est important de prendre en considération les besoins des uns et des autres. Une fois ces besoins bien définis, on pourra étudier comment chacun peut aider l’autre à leur trouver une réponse acceptable. Parfois, il est possible de réaliser ce travail dans un dialogue direct, parfois c’est plus difficile et l’aide d’un médiateur peut être utile.

Parfois, le désir de réussir, la quantité de travail à effectuer, l’organisation de la vie familiale deviennent des facteurs d’angoisse pour le jeune qui n’arrive alors plus à se concentrer sur son travail, ou qui développe d’autres troubles inquiétants pour les parents (rituels et manies, drogues et alcool, crises d’angoisse, phobie scolaire,…). Souvent, les parents essaieront d’aider leur jeune à résoudre ces problèmes en leur prodiguant des conseils issus de leur expérience personnelle. Mais ce qui marche pour soi ne fonctionne pas toujours pour les autres. Ici aussi, il faut parfois se faire aider pour atteindre ses objectifs.

Une intervention en aide scolaire ne doit pas être longue ou lourde. L’approche stratégique de Palo-Alto répond particulièrement bien à une telle intervention pour plusieurs raisons: elle est centrée sur la recherche d’une solution en se basant sur les interactions qui ne fonctionnent pas; il n’y a donc pas de lourde investigation du passé, mais une analyse concrète du présent. Une autre bonne raison de recourir à l’approche stratégique est que le thérapeute pourra travailler tout aussi bien avec les parents qu’avec le jeune concerné. C’est la personne qui est désireuse du changement qui va le provoquer, avec l’aide de notre intervenant.

Depuis plus de 60 ans, la thérapie stratégique aide les personnes en difficultés relationnelles à trouver l’apaisement et la solution à leur problème. Le cabinet interactes est spécialisé dans ce type d’intervention.

Lorsque je rencontre des difficultés à réunir les intervenants d’une médiation complexe en raison des conditions qu’ils mettent aux premières rencontres, je trouve utile de rappeler les éléments suivants qui me semblent indispensables à la réussite du lancement d’un processus de médiation. Plus il y a de conditions préalables à une rencontre, plus les craintes réciproques s’installent. C’est ainsi que la confiance disparait avant même d’avoir pu naître. Or cette confiance dans le processus et dans la volonté de tous d’y participer est le ferment de la réussite d’une médiation.

Ce qui rend spécifique la médiation dans l’univers des processus de résolution des conflits, c’est à la fois le caractère volontaire de la participation à la médiation, la confidentialité absolue des débats, la co-construction de la solution et l’intervention d’un tiers neutre bienveillant: le médiateur.

La médiation est implicitement définie dans la loi du 21 février 2005 comme un processus volontaire dont l’objectif est de permettre aux parties de recréer entre elles un lien social ou un lieu ou la communication est à nouveau possible, afin de chercher une solution à leur conflit qui respectent les besoins de chaque partie, ceci avec l’aide d’un tiers neutre et bienveillant, le médiateur. Les conditions imposées par la loi sont la volonté de chacun de participer, l’abandon provisoire des poursuites, la confidentialité des débats, le secret du médiateur, la transparence des honoraires.

Il existe donc une dimension incontestable de négociation dans la médiation. Ce qui me paraît totalement singulier de cette dernière, c’est l’ensemble des conditions qui permettent de créer ou de restaurer un lien social ou un lieu de communication: il n’y a pas seulement recherche d’un consensus sur la solution, mais avant tout il y a co-construction de la solution. Et c’est ici selon moi que se situent quelques spécificités importantes.

En médiation, il importe de s’attacher à bien comprendre les besoins de l’autre. C’est évidemment une remarque paradoxale pour la plupart des personnes en conflit: elles demandent à être bien comprises, et vont pour cela crier haut et fort ce qu’elles demandent. Mais une demande n’est pas un besoin, il n’est qu’une expression de la manière dont un besoin peut être satisfait. Si je demande sans cesse « du pain » et que mon interlocuteur n’a pas de pain à me donner, je n’obtiendrai jamais satisfaction, et, quelle que soit l’instance qui le condamne, mon interlocuteur ne pourra jamais répondre à ma demande. Si j’arrive à lui exprimer que « j’ai faim », il pourra alors me proposer un morceau de viande. Je peux lui répondre « non, je veux du pain », et cela n’avancera à rien ! Si je lui réponds « je ne peux pas manger de viande », alors peut-être pourra-t-il chercher une solution « végétarienne »… et ainsi construire avec moi la meilleure solution possible. Ma première recommandation à toute personne entrant en médiation est d’abandonner ses demandes et de préciser ses besoins. Par exemple, n’exigez pas « une lettre d’excuses », mais expliquez que vous vous êtes senti publiquement insulté par telle ou telle action et que vous avez l’impression qu’aucun acte correctif n’a été posé qui restaure votre image de façon non équivoque. Exprimez votre besoin sous la forme: « Lorsque [tel fait concret] s’est produit, j’ai subi [telles conséquences] et j’ai ressenti [tel sentiment]; cela crée chez moi un besoin de [tel type]. » Faire comprendre vos besoins ne sera possible que si vous acceptez au plus profond de vous même d’écouter les besoins des autres. Cela me semble amener une seconde spécificité importante de la médiation.

La médiation exige de toutes les parties la confiance dans le processus et dans la volonté de tous d’y participer. Cette spécificité également peut sembler paradoxale: comment pourrais-je faire confiance dans une ou des personnes qui n’ont pas répondu à mes besoins d’une manière ou d’une autre ? La réponse à cette question se trouve dans la volonté certaine de toutes les parties de participer au processus, et par la possibilité offerte à chacun de se retirer sans conséquences. C’est sans doute une difficulté majeure pour beaucoup de personnes en conflit que d’arriver en un lieu ou il faut « faire confiance » aux autres. Mais le risque est limité puisque chacun peut se retirer sans justification du processus. Ma recommandation sur ce point est d’inviter celui ou celle qui entame une médiation à se poser la question de savoir quels actes il peut poser dès le début de la médiation pour créer la confiance en sa volonté de trouver une solution. Cette recommandation est d’autant plus importante que le début d’une médiation est toujours une étape difficile, puisque c’est celle ou il va falloir se défaire de ses revendications pour exposer ses besoins. Dans le même temps, reconnaissons que dévoiler nos besoins est un geste qui convient particulièrement pour instaurer la confiance. Lorsque l’autre ne nous considère plus comme un « revendicateur » mais comme une personne qui avec ses besoins matériels et psychologiques, nous devenons soudain beaucoup plus qu’un « adversaire ». Toute solution qui contribue à répondre à notre besoin nous aidera à avoir confiance en l’autre. Comment pouvons-nous faire de notre côté pour créer la confiance en nous ?

Nous en arrivons ainsi à un troisième élément crucial du travail de médiation: la solution qui sortira de la médiation sera co-construite. En écoutant les besoins de l’autre, nous pouvons envisager la proposition qui nous semble à la fois répondre le plus à ces besoins, tout en respectant les notres. Comment par exemple reconnaître la souffrance imposée à l’autre sans nécessairement subir d’humiliation de notre côté? Et vu du côté de celui qui a exprimé le besoin, cela veut dire qu’il est prêt à accepter une solution qui ne nuise pas à l’autre. Ce principe me paraît fondamental au processus de médiation. Et en l’acceptant, nous donnons une nouvelle justification à l’approche par les besoins (par opposition à une approche de la négociation par la demande). Si j’exprime mon besoin à l’autre, qu’il comprend ce besoin et qu’il exprime une proposition de solution qui y réponde, alors je peux supposer qu’accepter cette solution (ou construire à partir de cette proposition) est une piste qui ne nuira pas à l’autre.

Cette dernière considération met cependant en évidence ce qui pour moi est une condition d’exclusion de la médiation comme mode de résolution du conflit:

Il n’y a à mes yeux pas de médiation possible lorsque le besoin d’une des parties s’exprime en terme de nuisance imposée à l’autre partie (par exemple une punition ou un geste d’humiliation publique).

Demander la nuisance pour l’autre, c’est l’empêcher de proposer une solution qui ne lui nuise pas. Dès lors que dans la préparation d’une médiation je me rends compte que les besoins d’une des parties s’expriment en termes qui imposent une nuisance pour une autre partie, je me vois obligé de considérer un arrêt du processus.

Pourrait-on alors exposer que dès lors qu’une personne s’est sentie humiliée, il ne lui est plus possible d’entrer en médiation ? Je ne le crois pas. Ce serait poser la loi du taillon comme absolu. Il existe de multiples réponses à une humiliation subie, aussi longtemps que l’on n’exige pas de l’autre qu’il soit lui-même humilié.

En conclusion, ma conviction et ma pratique m’amènent à émettre trois recommandations de base à toute personne qui pense s’engager dans un processus de médiation:

  1. S’engager à formuler ses demandes sous la forme de besoins à satisfaire;
  2. Poser dès le début de la médiation des gestes qui permettent à tous les participants d’avoir confiance dans votre propre confiance dans le processus;
  3. Etre prêt à ne travailler qu’à des solutions qui ne nuisent pas aux autres.

Si ces conditions ne sont pas remplies, il me semble presque impossible d’aborder de manière constructive une discussion difficile.

Quand il n'y a plus d'argent...Lorsque Jaklin Corman de Radio Contact m’a invité à parler de l’argent de poche, je me suis dit que condenser en 2 minutes un message clair sur le sujet risquait d’être une gageure… Vous pouvez désormais écouter en podcast le contenu de cette interview dans le cadre des « Zoom Parents » publiés par Radio-Contact.

Pour compléter les messages passés dans l’interview, je voudrais rappeler qu’il n’y a pas de principe absolu à appliquer avec l’argent de poche. Chaque famille développe ses propres règles sur la manière dont les dépenses « privées » des enfants doivent s’organiser. Ainsi, lorsque j’indique qu’avoir atteint l’âge de raison est une condition de départ, je crois n’évoquer qu’une évidence: il faut être capable d’un minimum de discernement pour gérer son argent. Je connais des familles qui fonctionnent sans argent de poche – « à la demande », jusqu’à 18 ans ou plus. Il n’y a là rien de répréhensible.

De même, j’insiste dans l’interview sur le rôle éducatif de l’argent de poche par rapport à la notion de gestion. Il n’y a ici aucun jugement de valeur. On peut très bien concevoir d’éduquer des enfants en choisissant délibérément de « dévaloriser » l’argent en n’en faisant pas un sujet de discussion. Je peux d’ailleurs facilement me retrouver dans un idéal familial où l’argent n’est pas vécu comme un moteur des relations !

Enfin, j’aimerais commenter la conclusion de Jaklin Corman: il me semble exact de dire que lorsque l’on a bien défini les règles du jeu (quelle somme est donnée pour quel usage sur quelle période et à quelles conditions de comportement,…) il faut alors assumer les conséquences de ce « contrat de gestion », de part et d’autre: l’enfant ne demande pas de supplément d’argent de poche pour des achats qui relèvent de son budget personnel, et le parent ne demande pas de rendre de compte aussi longtemps que les règles sont respectées.

Sur cette base, l’argent de poche, si il fait partie du mode de fonctionnement de la famille, devient un des outils de la panoplie éducative. J’imagine d’ailleurs que nous aurons l’occasion de développer des thèmes comme celui-là dans le cadre de notre groupe de parole sur la co-parentalité qui démarrera le 5 janvier 2010. Si vous désirez plus de renseignements à ce sujet, n’hésitez pas à me contacter, il reste encore des places disponibles. Ce groupe de parole est entièrement gratuit.

J’ai eu le plaisir d’assister il y a quelques jours à un séminaire animé par Benoît Gillain, psychiatre et psychothérapeute, qui travaille depuis de nombreuses années avec des couples en crise.

Le thème de son intervention était la recherche d’un modèle permettant de déterminer que les deux personnes que nous rencontrons « font couple ».

Je n’ai pu m’empêcher de relier les grands éléments du modèle présenté par le Dr Gillain à la définition de la relation que donne Jean-Jacques Wittezaele dans son ouvrage « L’homme relationnel ». C’est en mettant ces différents éléments ensemble avec mon expérience de la thérapie et de la médiation familiale au sein d’interactes que j’en suis arrivé à la réflexion que je vous livre.

Une première remarque qui me semble indispensable, c’est de reconnaître que pour faire un couple, il faut d’abord s’être reconnu mutuellement comme tel. Cela peut paraître étonnant, mais il m’est arrivé de rencontrer des personnes venant pour « un problème de couple », alors même qu’au moins un de mes deux interlocuteurs ne considérait pas qu’il y ait jamais eu vraiment de couple entre eux.

Ceci ne devrait pourtant pas nous étonner. Il n’y a pas si longtemps, et aujourd’hui encore dans bon nombre de culture, l’alliance formelle d’un homme et d’une femme (il me semble que le couple homosexuel présente moins souvent cette caractéristique) – que ce soit par un mariage ou un appariement public – précédait la conscience pour cet homme et cette femme de constituer ensemble une troisième entité. Je recevais récemment un couple en thérapie, marié depuis quelques mois à peine, et qui se plaignait de ne pas encore « former un couple ». Leurs traditions culturelles faisaient que leurs parents les avaient trouvé « particulièrement bien assortis », que eux-mêmes respectaient ces avis et les partageaient. Ils s’étaient donc mariés car dans leur culture, se fréquenter « trop longtemps » sans formaliser la relation ne se fait pas. Dans leur cas, le couple comme entité différente des partenaires, mettait donc du temps à se construire.

Cette reconnaissance par les partenaires de ce qu’ils ne sont plus simplement « un plus un » est donc fondamentale. Elle a pour corolaire immédiat que le couple, comme la relation, exige une certaine durée. Le temps est un critère fondamental. Un couple existe quand il dure depuis un certain temps. Benoît Gillain expliquait ainsi qu’il ne considère pas prendre « un couple » en thérapie lorsque la relation dure depuis moins de trois mois. Je ne sais si je mettrais une limite aussi nette, mais je relierais certainement cette notion de temps à la notion suivante.

La seconde dimension importante pour l’existence d’un couple est celle de structuration des échanges. Un couple existe si il dure depuis suffisamment longtemps que pour avoir pu construire des règles et de la structure dans ses interactions. Ces règles et ses structures vont se matérialiser par exemple par des projets communs. L’existence de projets qui n’auraient pas pu exister pour chacun des membres « seul » sont le ciment de cette « troisième » entité qu’est le couple.

De plus les règles sont essentielles pour que le couple puisse se construire sur de la coopération et pas sur de l’évitement. En effet, au début de la relation, chacun est prêt à de nombreux « petits sacrifices » pour ne pas « gâcher » les moments passés ensemble. En accumulant les petits sacrifices sans jamais en parler, on laisse se construire un mur entre les partenaires. Et quand ce mur est trop haut, les problèmes commencent… Si par contre les petits sacrifices sont remplacés par une discussion sur les règles communes, on se prépare pour les dialogues plus difficiles qui arriveront nécessairement un jour.

Un autre élément qui me paraît faire partie de la notion de couple, c’est la reconnaissance de cette entité « couple » comme une « troisième » entité. Elle n’est pas la fusion simple des deux entités. En pratique, cela veut dire qu’il est important que chacun garde encore un peu d’intimité et d’espace personnel. Tout, toujours, partout, ensemble, c’est beaucoup ! Le couple ne doit pas être la disparition de chacun, mais bien l’enrichissement de tous.

Si vous avez vous aussi des réflexions autour de cette notion de couple, n’hésitez pas à les partager ici…

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