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Archive for the ‘divorce’ Category

Dans l’émission "Questions à la Une" sur la Une TV hier, une information qui m’a sidéré est le temps passé par un couple en audience de divorce chez Mme Schyns, juge des divorces à Bruxelles.

Il ne s’agit pas ici de critiquer le travail deMme Schyns, dont je connais la probité et l’humanité. Mais bien de se poser la question du sens d’une procédure judiciaire expédiée en si peu de temps. Quand j’entends Maître Pire présenter cette procédure du divorce dont il est le "père" comme une avancée significative du droit, je me dis que "l’autre" Pire (le père Dominique Pire, un des pionniers de la médiation) doit se retourner dans sa tombe…

Maître Pire a mis au point une loi inique qui crée un droit à la répudiation (dont la seule qualité est qu’elle est égalitaire entre hommes et femmes) qui permet à un parent, sur une lubie, de détruire la famille qu’il avait contribué à construire, sans d’abord devoir mettre en place les moyens pour préserver la vie des autres.

C’est un peu comme si l’on autorisait un groupe de promoteurs immobiliers à construire ensemble des immeubles adossés les uns aux autres, permettant à leurs ingénieurs de faire dépendre la stabilité de l’un de celle de l’autre, puis que l’on permettait à n’importe lequel de ces promoteurs, une fois les bâtiments érigés, de détruire le sien sans prévenir les autres, au risque de voir d’autres immeubles adossés s’écrouler avec leurs habitants, emportés par un tsunami inattendu.

Une loi sur le divorce qui supprime tout frein à la procédure et qui autorise les parties à se séparer sans s’être mise d’abord d’accord sur les modalités de leur séparation est une loi dangereuse, et c’est dans une telle loi que nous nous débattons.

Nous avons eu aujourd’hui un chat intéressant sur interactes à ce sujet. Ceux qui en désirent la transcription peuvent me le demander par email. Vous pouvez également participer en permanence à la discussion sur le forum d’interactes "entre nous".

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Qui refuse de communiquer ?Cette fois-ci, c’est le député CD&V Raf Terwingen qui propose une loi destinée à accélérer les procédures de divorce en Belgique, notamment en ce qui concerne les répartitions patrimoniales.

Le quotidien La Libre relaie ainsi les propos de Mr Terwingen à l’agence Belga:

"Depuis l’adoption en 2007 d’une nouvelle loi sur le divorce, avec le divorce sans faute, la procédure est devenue plus rapide et plus humaine, mais les problèmes se déplacent désormais à la répartition des avoirs", estime M. Terwingen dans le quotidien Het Belang van Limburg.

Sa proposition prévoit d’établir un calendrier légal, qui imposerait à chaque étape de la procédure une échéance précise, en sorte d’empêcher que les désaccords ne bloquent la séparation des biens pendant des années.

Je ne peux m’empêcher de m’interroger sur le caractère "plus humain" de la nouvelle procédure en vigueur depuis 2007. Ce n’est pas vraiment ce que confirment les situations concrètes rencontrées au cabinet de médiation et de thérapie interactes au cours des derniers mois.

Si la facilité de la nouvelle procédure est une évidence (comme l’a si bien expliqué le Professeur Renchon dans diverses analyses de la loi, nous avons en Belgique une loi qui autorise, facilite, voire promeut la répudiation), sa principale caractéristique est d’enlever toute forme d’explication à la rupture.

Cela génère une nouvelle forme de violence morale qu’il ne faudrait pas sous estimer. La force de l’engagement dans le mariage disparait désormais puisqu’il suffit que l’un des partenaires décide simplement d’arrêter, sans même devoir en prévenir l’autre, pour que le divorce soit prononcé. Le mot clé de la phrase précédente, c’est prévenir, c’est à dire "venir avant". Dans les procédures de divorce qui précédaient la nouvelle loi, l’annonce de l’imminence du divorce précédait nécessairement la réalité de celui-ci. Aujourd’hui, un époux peut "apprendre" que son partenaire "divorce" alors même qu’une étape irrémédiable est franchie.

Cette violence faite à l’autre est parfaitement légalisée. Vous avez parfaitement le droit d’embrasser votre conjoint le matin en lui disant "au revoir" tout en sachant que lui ne sait pas que son divorce est déjà irrémédiable. Lorsque nous retrouvons ces personnes en médiation familiale, le choc a souvent été tel que la restauration d’un dialogue minimum pour régler les questions pratiques de la vie future prend justement du temps. Ce temps que Monsieur Terwingen voudrait contraindre encore plus…

Fondamentalement, une telle proposition revient à charger un peu plus la barque judiciaire avec des procédures expéditives, au lieu de responsabiliser les individus à assumer pleinement les conséquences de leurs actes en prenant conscience de leurs conséquences et en se les appropriant.

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Le conseil des Ministres français de ce 3 mars 2010 a pris des mesures radicales en vue de simplifier les procédures judiciaires et de faciliter l’accès des citoyens à la justice. Je citerai le site territori@l:

La ministre d’État, garde des sceaux, ministre de la justice  et  des  libertés  a  présenté  un  projet  de  loi  relatif  à  la répartition  des  contentieux  et  à  l’allègement  de  certaines procédures juridictionnelles.

Ce projet de loi simplifie l’organisation judiciaire en première instance en intégrant les juges de proximité au sein des tribunaux de grande instance avec des attributions redéfinies.

Il  simplifie  également  la  procédure  de  divorce  par consentement mutuel : en l’absence d’enfants mineurs, les époux sont dispensés de comparaître devant le juge sauf demande du juge  ou  de  l’un  des  époux.  Le  projet  de  loi  prévoit  en  outre d’expérimenter le recours obligatoire et préalable à la médiation familiale avant toute saisine du juge tendant à faire modifier les modalités de l’exercice de l’autorité parentale ou la contribution à l’entretien ou à l’éducation de l’enfant fixées antérieurement par une décision de justice.

Ce qui est une vraie avancée dans cette approche, c’est l’expérimentation du recours obligatoire et préalable à la médiation familiale dès lors qu’il y a discussion sur l’autorité parentale ou sur les contributions alimentaires des enfants. Ce qui l’est moins, c’est que cette mesure n’est réservée qu’aux révisions et modifications de décisions judiciaires antérieures, et non pour les premières décisions. On aurait pu espérer que dès lors que des parents interpellent un tribunal pour une des questions retenues (autorité parentale, contributions alimentaires, hébergement), le recours préalable à la médiation soit exigé.

Il est en effet un peu bizarre de se priver de l’avantage d’une décision prise en commun dès le départ pour ne forcer les ex-conjoints à négocier que dans ce qui en quelque sorte devient un degré d’appel.

A moins que je n’aie rien compris au système français, ce que d’éminents collègues d’Outre-Quiévrain (comme on dit de ce côté ci de la frontière, une fois) ne manqueront pas de me signaler le cas échéant…

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On s’est connu, on s’est reconnu, on s’est perdu de vue, on s’est reperdu de vue, on s’est retrouvé, puis on s’est séparé…

Que ce soit après six mois, dix ans, trente ans; que ce soit après l’arrivée d’un enfant ou un changement de statut professionnel d’un des membres du couple, la durée en amour est un combat quotidien.

Souvent, cela commence par l’installation d’habitudes. C’est vrai que les contraintes de la vie nous imposent de nous répartir les tâches. Que nous restons, l’un dans la cuisine, l’autre dans la salle de bain avec les enfants. Qu’entre le retour du bureau et le moment où l’on se retrouve vraiment à deux, on a eut tout le temps de s’épuiser.

C’est vrai qu’alors, le moindre petit mot de travers, la moindre remarque peut prendre une proportion inattendue. Que sans savoir comment, l’on se retrouve à se disputer ou se bouder.

Et même si l’on n’a pas d’enfant, la fougue des premières semaines ne dure pas toujours. Le regard porté sur un autre ou sur une autre attise la jalousie, où c’est l’ennui qui s’installe.

Chez interactes, nous recevons toutes les semaines des couples qui nous disent ne plus arriver à communiquer, être au bord de la séparation, avoir perdu la confiance… Ce dont nous pouvons témoigner, c’est de l’importance de confier à un moment donné de tels problèmes à un tiers bienveillant.

Faut-il venir à deux pour résoudre un problème de couple ?

Nous rencontrons des couples qui viennent nous visiter ensemble et qui continuent à nous consulter ensemble tout au long de la thérapie. Ils sont tous les deux motivés par la recherche d’une solution au problème et sont conscient de l’importance de s’investir ensemble dans la solution. Nous travaillerons alors avec les deux membres du couple.

Si seul un membre du couple est prêt à s’investir, nous pouvons sans grande difficulté travailler avec lui. En effet, il est évident que le couple est un système dans lequel chacun s’adapte en permanence à l’autre. Si donc le comportement d’un des deux change, l’autre n’aura pas d’autre choix que de s’adapter. C’est donc un travail indirect que nous effectuons alors.

Un ou deux thérapeutes ?

Généralement, si c’est un couple qui vient nous demander de l’aide, nous essayerons de travailler nous aussi à deux. Ainsi, chacun peut avoir toute l’attention des thérapeutes à tout moment, même quand c’est surtout l’un des deux qui intervient. Si par contre une seule personne vient nous consulter, elle sera généralement reçue par un seul de nos thérapeutes.

Quelles chances de réussite ?

Il faudrait d’abord définir la réussite. Si un couple est voué à se déchirer pour les années à venir, est-ce une réussite que de lui permettre de se "raccommoder" pendant quelques mois… pour se faire encore plus mal ?

Si la réussite, c’est de mettre en place un dispositif qui permettra à chacun de se développer au mieux, si possible dans une relation harmonieuse avec l’autre, alors, nous constatons que les couples qui suivent les instructions que nous leur donnons réussissent généralement à trouver une nouvelle dynamique satisfaisante.

Pour en savoir plus sur nos interventions avec les couples, il vous suffit de nous contacter, via notre site internet.

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Se dire les choses en chantant, c’est parfois plus simple qu’en parlant. Sans doute parce que les cris deviennent des intonations et font partie de la poésie du texte…

Je ne résiste pas à la tentation de partager avec vous ce grand moment d’humour et de tendresse que je viens de découvrir sur Youtube et qui semble avoir un fameux succès au moins au Québec.

Bien évidemment, si vous vous trouvez dans cette situation, je n’ai qu’une recommandation à vous faire: ma consoeur Catherine Lemoine et moi-même serions enchanté de vous entendre chanter chez interactes, pour vous aider à accorder à nouveau vos violons…

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C’est une interview du député français Jean Léonetti, dans l’hebdomadaire "L’express" de cette semaine, qui a retenu aujourd’hui mon attention.

Indépendamment de la controverse sur la place des parents homosexuels dans la séparation, un long chapitre de cette interview met particulièrement bien en évidence le rôle de la médiation familiale. Malgré quelques petites approximations, il est intéressant de lire les réflexions suivantes:

Chaque situation étant différente, le médiateur peut évaluer en fonction de chaque histoire les requêtes des familles. On s’est inspiré pour cela du droit canadien qui essaye de trouver une solution qui va dans le sens du bien-être de l’enfant et qui désamorce les conflits. La médiation est la seule façon d’apaiser les conflits au cas par cas et de ne pas figer le droit.

Cette idée de ne pas figer le droit me parait essentielle. L’évolution de la co-parentalité lorsque le couple parental est séparé requiert une immense souplesse. Comment définir de manière rigide ce que devra devenir le rôle de chaque parent dans trois, cinq ou quinze ans ? Les discussions approfondies entre les parents dans le cadre d’une médiation permettent généralement de dégager des principes directeurs qui permettront plus tard de faire les meilleurs choix pour les enfants sans pour autant avoir du les bétonner dans un jugement ou une loi dès la séparation.

De plus, comme l’explique plus loin le député français,

La médiation offre beaucoup de souplesse. Elle correspond mieux à la diversité des situations: les couples recomposés, les couples homosexuels, les enfants élevés à la fois par un parent et son frère… L’important c’est que l’enfant se sente bien avec un tiers, quel qu’il soit. La médiation permet de trouver des solutions adaptées à chaque famille.

La solution de médiation est donc idéale pour les situations qui impliquent des enfants et de la coparentalité. L’expérience canadienne qui exige une tentative de médiation dans toute séparation d’un couple ayant un ou des enfants mineurs montre bien tous les avantages de la médiation: des accords mieux respectés, à un moindre coût, et ou chacun repart en ayant l’impression d’avoir fait du "bon travail" dans l’intérêt des enfants. Et même une possibilité d’entendre et d’impliquer les enfants dans le processus tout en garantissant qu’ils gardent bien leur place d’enfants et qu’ils ne se sentent pas érigés en arbitre du conflit de leurs parents.

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Comme des centaines de millier de personnes, j’ai regardé hier l’émission spéciale programmée par France 2 sur le thème Se libérer de l’alcool. Après avoir vu cette émission qui apporte son lot de témoignages remarquables, je reste également avec quelques questions et quelques idées à travailler.

J’ai trouvé l’émission globalement bien "ficelée", et faisant preuve d’un certain courage dans un pays où la consommation de boissons alcoolisées est souvent considérée comme une norme et l’alcoolisme comme une "tare" résultant d’une incapacité à se contrôler. Il n’y a pas d’addiction plus intégrée socialement que l’alcool. Alors que l’opinion publique occidentale est aujourd’hui largement consciente des dégâts réels causés par le tabac, les stupéfiants et même l’abus de médicaments, bien peu de gens admettent aujourd’hui avoir un problème de consommation ou de dépendance à l’alcool.

Ainsi, un premier point qu’il me paraît indispensable de rappeler, c’est la norme aujourd’hui établie par l’OMS pour déterminer une consommation problématique d’alcool. Que chacun fasse le test pour lui même, il est d’une simplicité étonnante:

  • si vous consommez plus de 21 doses (homme) ou 14 doses (femme) d’alcool par semaine, ou
  • si vous consommez parfois plus de 6 doses (homme) ou 4 doses (femme) d’alcool en une seule séquence (repas, soirée), ou
  • si il vous arrive de boire tous les jours au moins une dose d’alcool par jour pendant 7 jours d’affilée

alors vous êtes vraisemblablement confronté à une consommation problématique d’alcool.

Une information intéressante qui fut passée pendant l’émission sur la "capacité à arrêter" invoquée par de nombreuses personnes ("je suis capable d’arrêter quand je veux, donc je n’ai pas de problème"): si vous tenez un tel discours, faites le test suivant: arrêtez de boire pendant une semaine complète et posez vous la question de savoir si vous vous réjouissez parfois à l’idée "qu’il n’y a plus que x jours à attendre avant de reboire un verre". Si vous avez cette pensée, désolé, il faut revenir à la case "problème".

Un autre point soulevé par l’émission est celui des différents traitements possibles. Mon expérience de thérapeute à la fois confirme et est parfois différente de ce qui a été dit:

  • ce n’est que très rarement que le désir d’arrêter de boire peut fonctionner pour mettre fin au problème; il faut une motivation qui va au-delà de l’arrêt. C’est normal, la boisson reste en soit une solution à un problème, quand l’alcool (devenu lui-même problème plus important) aura disparu, le problème sous-jacent réapparait. Et si aucune autre solution n’est mise en place… l’alcool redevient une solution !
  • les cures de désyntoxication qui ne sont pas suivies d’un accompagnement psychothérapeutique ont très peu de chance d’aboutir: la raison est exactement la même qu’au point précédent. Sans accompagnement après la cure, les problèmes sous-jacents et les tentations reprennent leur place dans la vie de tous les jours, et donc les tentations de solutions qui ont fonctionné (par exemple l’alcool) reviennent aussi au premier plan.
  • sortir de l’alcool par une solution qui crée une dépendance aux médicaments n’est pas une solution. Les interlocuteurs de l’émission ont donné une très belle définition de cette situation: vous changez de place sur le Titanic, ça ne l’empêche pas de couler, et vous, vous êtes toujours à bord. Retour donc à la case accompagnement.
  • le gros défaut de cette émission, c’est selon moi d’avoir tenté de présenter comme une solution miracle un médicament qui n’a toujours pas fait ses preuves et dont les effets annexes ne sont toujours pas compris aux doses qui semblent créer un désintérêt pour l’alcool. De plus, le fait qu’un médicament crée une "inappétence" pour l’alcool pose selon moi une double interrogation: quelle autre inappétence éventuelle crée-t-elle (et donc dans quelle mesure cette solution ne revient-elle pas à "lobotomiser" celui qui l’utilise), et surtout, on crée là une dépendance vis-à-vis du médicament qui pourrait elle aussi se révéler n’être qu’un "déplacement dans le Titanic".

Chez interactes, nous acceptons en thérapie des personnes qui souffrent de dépendance à l’alcool. Nous travaillerons de concert avec le médecin pour ce qui est du sevrage initial, et par la suite, ce que nous travaillerons – plus encore que l’indépendance par rapport au produit – c’est le désir d’une solution au problème sous-jacent. Une dépendance est une forme de solution à un problème. Tant qu’une autre solution n’est pas en place, la dépendance restera pour combler le trou laissé béant par le problème.

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